Gwa : loin du tourisme et près des gens. Un paradis sur Terre
A Gwa, de tout côté de l’île, nous avonssur une vision enchanteresse : des cocotiers, de l’eau azur et une plage au sable blanc
Gwa
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Gwa : loin du tourisme et près des gens

Comme pour la Thaïlande et pour le Népal, nous voulions trouver un Paradis Birman pour passer nos derniers jours dans le pays. L’homme a dit « Je veux aller à la plage, je veux du sable blanc et de l’eau turquoise ». Son « je veux » étant non négociable. Comme on n’a pas assez de temps pour descendre dans le sud du pays direction la mer d’Andaman, nous regardons ce que nous pouvons trouver sur la côte ouest. Il y a bien la plage de N’Gapali dont tout le monde parle et qui semble être au top, mais elle est hyper touristique et les hôtels sont super chers. Du coup, la combinaison blindé de monde + complexes hôteliers bétonnés + ruine financière ne correspond pas vraiment à la définition du Paradis que l’on cherche. Gwa

Gwa : jolie pépite préservée du Myanmar

En creusant un peu, nous découvrons Gwa. Moitié moins loin que N’Gapali, pas du tout développé pour le tourisme, vierge d’hôtels et un seul bus pour y aller.

Ca, déjà,  ça titille davantage ma curiosité ! Bon, il se trouve que Gwa est situé dans une zone déconseillée aux touristes par l’Ambassade, à cause d’affrontements et de restes de mines anti-personnelles.

Mais si on regarde la carte du Myanmar, tout est déconseillé excepté l’intérieur du pays.

Et si on avait écouté l’Ambassade, on n’aurait jamais connu Loikaw et sa région, jamais vu les femmes-girafes et jamais passé de si jolis moments la bas. Gwa

Et en constatant tous les jours la gentillesse des gens, on ne peut imaginer qu’on soit en danger. On ne s’aventurera pas dans des endroits déserts pour ne pas se faire péter une jambe, et tout ira bien. Gwa

Et une fois encore, on fait bien de n’écouter que nous. (Comme lors de notre merveilleuse épopée à la rencontre des femmes girafes, que vous pouvez découvrir ici).

Gwa est un village adorable, et ses habitants…encore et encore…sont accueillants et souriants. Et ici, à part nous, les touristes ne courent pas les rues. Gwa

Une arrivée qui nous met dans le bain…

Notre arrivée dans le village, à 22H30, alors que tout est noir, que tout le monde dort et que nous n’avons aucune réservation, nous conduit à la Royale Rose Guest house. En fait, on a le choix entre seulement 2 guest houses et celle-ci a un joli nom. C’est donc elle qui gagne pour ce soir. Heureusement pour nous, les habitants de la maison ne dorment pas, et même si notre arrivée tardive semble ne pas les enchanter, nous y trouvons un toit pour la nuit. Gwa

Ne pas regarder. Surtout ne pas regarder.

Pas d’électricité, seulement 3 chambres dont une seule avec 2 lits. Pas de fenêtre, seulement des barreaux pour nous séparer de l’extérieur. Le lit en bois n’a pas de matelas mais seulement une carpette non rembourrée. Les Toilettes turcs au bout du couloir sont sans papier W.C et la douche, au bout du couloir aussi, est un bac rempli d’eau avec une bassine pour se mouiller. Je ne veux pas imaginer depuis quand l’eau croupi ici. Tant pis pour l’hygiène, de toute façon, on a sommeil, la douche attendra que le soleil se lève. Gwa

Quant au ménage dans la chambre…si on fait abstraction des toiles d’araignées et de la poussière et des petites bestioles partout, on peut dire que ça a du être fait il y a quelques années. Dormons, en fermant les yeux on ne verra pas tout ça. Gwa

… et une nuit mémorable

Sur cette bonne décision, nous entrons dans la chambre et j’entends un hurlement suivi d’un saut de biche. Julien a manqué d’écraser un énorme crapeau et visiblement, le gluant de l’animal donne une sensation bizarre sur la peau…. Heureusement, tout le monde s’en sort vivant. Le cœur de Julien bat toujours et le corps du crapeau saute toujours.

Est-il bien utile de préciser que l’on ne ferme pas l’œil de la nuit ?

La chaleur écrasante + les meutes de chiens qui font leur loi la nuit + un bruit très étrange dans mon sac à dos contribuent fortement à nous faire garder l’œil ouvert jusqu’au matin.

Enfin le jour

Réveillés donc très tôt, nous partons à la découverte du village et d’une nouvelle guest house. La chasse au logis ne durera que quelques minutes puisque le mini joli village de Gwa n’offre que 2 possibilités de logement : La royale Rose guest house de laquelle nous essayons de nous échapper et la More Guest house, 3 maisons plus loin sur la « route principale ». Au moins, ici, ils ont un lit double, des western toilet, une douche dans la chambre. ET last but not least un ventilateur ! Il ne nous en faut pas davantage pour déménager notre maison-mobile jusqu’ici.

More Guesthouse - Gwa (Myanmar)
En toute objectivité, je pense que le ménage n’a pas été fait ici depuis environ 1000 ans. Pas moins.
Chambre More guesthouse - Gwa (Myanmar)
Toilettes More guesthouse - Gwa (Myanmar)

Bon mais il faut se dire que ce n’est pas pire que la Royale Rose Guest house et puis de toute façon il n’y à que ça. Point.

Nos prochaines nuits étant assurées, nous pouvons commencer à faire connaissance avec la population. Nous découvrons le petit marché situé à une rue de chez nous, Julien joue au foot avec les locaux et peu à peu, jour après jour, les gens s’habituent à notre présence et semblent bien nous accepter. 

Football avec les locaux - Gwa (Myanmar)

Vivre à Gwa, au rythme des locaux

Si certains locaux semblent méfiants de notre présence, la plupart échangent volontiers de grands sourires à coup de Mingalaba (bonjour). Nous trouvons rapidement nos marques au cœur de la vie de Gwa. La plage, située à quelques minutes seulement de notre guest house, nous sert à la fois de terrain de sport et de moyen de socialisation. Elle n’est pas si belle, le sable est jonché de détritus, et le premier jour, nous sommes déçus. Mais après avoir couru, chaque soir, les gamins qui habitent les huttes en bord de plage nous rejoignent pour jouer au foot, se baigner ou simplement discuter à coup de phrases incompréhensibles. Les adultes, quant à eux, nous sourient et agitent le bras pour nous dire bonjour. Je parie que la reine d’Angleterre elle-même n’a jamais fait autant de signes de la main que nous ces derniers jours.

Foot avec les locaux - Gwa (Myanmar)

Un autre rythme

L’eau est chaude, les échanges pleins de vie, et l’on se fait même potes avec Veaumito. C’est comme ça qu’on baptise le mignon petit veau qui nous a prit en amitié et qui vient nous rejoindre quand il nous voit. Si si ! Véridique. Il nous rejoint, nous suit et vient même faire trempette avec nous quand on se baigne. Incroyable !

Tout ce petit monde, simple et chaleureux, contribue à transformer cette plage, au départ moche et sans attrait, en un lieu que nous aimons fréquenter quotidiennement.

Veaumito le veau - Gwa (Myanmar)

Une surprise au parfum de bonheur

C’est au bout du 3eme jour que l’on tombe sur le graal de Gwa : sa péninsule idyllique ! Notre exploration du village nous mène au port (de taille proportionnelle au village soit…bah…tout petit), dans lequel on voit partir plein de gens sur un bateau en bois. Nous aussi on veut partir voir de l’autre côté !

Port de Gwa - Gwa (Myanmar)

Et de l’autre côté il y a quoi ? Le rêve.

La vie du côté Paradis

Quelques maisons en bambous là où s’arrête le bateau, puis la plage. De tout côté de l’île, du sable bordé de cocotiers et de l’eau. Et au milieu, la jungle. Nous marchons un peu et nous tombons sur une vision enchanteresse : des cocotiers tombant dans l’eau azur dévoilent peu à peu une plage au sable blanc et fin, et une eau presque cristalline. Et nous avons le luxe d’être les seuls à savourer ce spectacle !

Paradis de Gwa - Gwa (Myanmar)

On s’installe et je n’enlève pas mes vêtements, puisqu’au Myanmar, tout le monde se baigne habillé. Du coup, pendant que Julien profite du soleil, moi je fonds, je dégouline, je me liquéfie, je crève sur place, je cuis dans mes vêtements.

Mais on réalise vite que personne ne viendra jamais. Il semble que les gens du village n’aient pas la culture de la baignade et le fait que l’on reste en plein soleil par 40° les dépasse complètement, eux qui font la sieste à l’ombre tous les jours.

Vu qu’il n’y a personne, ma libération sonne et je cours dans l’eau chaude, bikini au vent.

La dolce vita

Ce spot magique deviendra donc notre point de chute pour le reste de notre semaine. Jamais encore on avait expérimenté une plage déserte au sens propre du terme. C’est un régal.

Mais attention hein ! Pendant 6 jours, on n’a pas fait QUE farniente sur le sable. Non, on s’est aussi explosé mains et pieds sur des rochers affutés, Julien s ‘est tué la cheville en jouant au foot avec une équipe birmane, j’ai eu le bidenvrac pendant 5 jours, et cerise sur la crème du gâteau, on a cohabité avec des rats, des oiseaux et des lézards dans notre chambre crade au possible durant tout notre séjour ! Alors autant dire que quand on voit un rat courir dans ses pieds, la présence d’oiseaux et de lézards dans la chambre passe tout de suite plus inaperçue….

La vie du côté…Cracra-Mais-Ça-Compte-Pas

Pendant 4 jours, toutes les nuits, nous avons été réveillés par un bruit étrange venu de la poubelle, puis un bruit dans les sacs plastiques, puis comme un grattement sur le sol BREF ! Je savais, je le savais qu’il y avait une bestiole chez nous. La version de Julien, plus light, était que les murs étaient si fins qu’on entendait les bruits depuis le couloir. Ouais ouais le couloir ouais, c’est ça !

Et puis, un soir, en rentrant dans la chambre, Julien s’approche du lit et me demande ce que c’est que ces bouts de bananes grignotés partout sur le lit. La réponse ne s’est pas faite attendre, le rat, dérangé par notre arrivée et caché sous le lit, a déguerpi dans nos pieds jusqu’au trou dans la salle de bain.

Maîtriser.

Parfait. Par-fait ! Donc maintenant, en plus d’entendre les bruits, nous savons parfaitement où se trouve le rat et nous savons aussi qu’il loge à la même adresse que nous. Heureusement, on découvre ça la dernière nuit avant le départ. Du coup pour faire face à la situation, je choisi la meilleure option : l’autruche. Je mets mes boules quies et j’ignore le bruit que ce gros truc va faire toute la nuit. Ca marche plutôt bien. Julien lui tente la technique de « chopage en flagrant déli ». Chaque fois qu’il entend le rat, il allume le portable pour le griller en pleine action. Mais à ce jeu, l’un est meilleur que l’autre, je ne dirai pas lequel….

Malgré tout, la semaine a été délicieuse et nous reprenons les 7h de bus vers Rangoun enchantés par cette belle expérience.

Cette semaine restera gravée comme l’un des plus beau souvenir de notre road trip.

Doux moment partage - Gwa (Myanmar)
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