Les femmes girafes au Myanmar. Une rencontre privilégiée
Ici, il n’y a que nous. Et les villageois qui font leur vie. Les liens avec les femmes girafes se créent petit à petit et les échanges sont vrais.
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Les femmes girafes au Myanmar, une rencontre privilégiée

Loikaw, jolie capitale de l’état de Kayah

Ça faisait si longtemps que j’attendais ce jour !

Après avoir entendu tout et n’importe quoi sur LOIKAW et ses alentours, nous avons décidé que nous irions quand même. Certains disent que l’accès y est interdit, d’autres parlent d’affrontements, l’ambassade elle-même ne sait pas trop quoi raconter sur cette région et déconseille donc de s’y rendre. Mais il n’y a que depuis Loikaw, dans l’état Kayah, que l’on a une chance de partir rencontrer les femmes girafes (puisqu’il est hors de question que l’on se rende dans un village zoo de Thaïlande) et c’est ce dont je rêve depuis un temps infini. Une seule personne, une ancienne guide, nous dit que l’on peut y aller sans crainte. On préfère se concentrer sur cette parole positive plutôt que d’écouter toutes les autres. Femmes girafes

Savourer la vie locale à Loikaw

Et on a bien fait. LOIKAW est une très jolie petite ville et ses habitants sont (comme depuis le début du voyage) hypers accueillants. Femmes girafes

Ce matin, notre guide nous récupère à 8H pour une journée haute en couleurs.  Théo nous emmène au plus grand marché de la ville. Il est ouvert tous les jours sauf les jours de pleine lune et l’on y trouve de tout. Du poulet au poisson séché en passant par les légumes, les fruits et les vêtements, le marché est vibrant d’activité. Femmes girafes

Après avoir fait le plein d’odeurs, de couleurs et de sourires, le mini van dans lequel nous sommes seuls, nous conduit à 1H de LOIKAW, dans la pampa désertique et nous dépose au milieu de nulle part. Le 1er village accessible est à 1h de marche et nous partons à la découverte d’un monde inconnu : celui des femmes au long cou. Femmes girafes

Journée de rencontre des femmes girafes - Loikaw (Myanmar)

L’émotion de rencontrer les femmes girafes

Katelku, le 1er village est désert et nous continuons notre chemin vers Tawkey. Elles sont là ! Nous y sommes ! Les femmes-girafes qui me fascinaient tant vivent donc ici.

Excités et intimidés, nous arrivons en pleine préparation de leur cérémonie du soir. Les femmes sont dehors et épluchent les légumes, les hommes sont affairés à l’intérieur, coupent et préparent le cochon. Par terre. A même le sol. Il est clair qu’on ne s’encombre pas beaucoup des règles d’hygiène et autres impératifs sanitaires ici 🙂 Femmes girafes

Preparation de la viande - Femmes girafes de Loikaw (Myanmar)

Nous ne voulons pas être intrusifs et nous n’osons pas beaucoup bouger. Un des hommes parle un peu anglais et baragouine quelques mots avec nous. Mais tout le monde reste très distant, eux comme nous et je ne sais pas si c’est parce que nous n’avons pas notre place ou si c’est par timidité que personne ne fait attention à nous. C’est un peu comme lorsque 2 enfants qui ne se connaissent pas se rencontrent. Ils se regardent et détournent le regard, ne se parlent pas même s’ils en ont envie, se tournent autour et se fuient, avant de finir par devenir copains.

Les gens ici ont la gentillesse de nous offrir le repas et nous montons à l’étage, là où se trouve leur cuisine. Au milieu de la pièce faite en bambou, un feu de bois sur lequel est posée une grosse marmite en fonte. Au menu, riz, légumes et porc. Je revois la préparation du porc au rez-de-chaussée. Mon mental peut le faire (je crois) mais mon estomac, lui, voudrait bien se barrer en courant là tout de suite maintenant. 

Julien ne se risque pas à la viande, moi je me la joue Le Père Noël est une ordure « Non Pierre, je le mange quand même car c’est offert de bon cœur ».

Personne ne parle anglais et la discussion s’estompe vite après 2 3 essais de langage du corps mais on arrive tout de même à soustraire quelques sourires.

On redescend après un bon repas, on souri, on regarde ce que les gens font mais le malaise persiste. 

Le privilège de participer à l’activité du village

A nous de nous intégrer dans la vie du village. Je meurs d’envie de participer alors on s’assied avec les femmes, dehors, et à coup de gestes approximatifs, on leur explique que l’on veut les aider à éplucher les patates. Les regards s’échangent, les sourires se dessinent sur les visages et une femme me tend son couteau. Une autre en fait de même avec Julien.

Et nous voilà, 2 manchots de la cuisine, un couteau de chasse à la main, essayant d’éplucher des patates plus petites que ma paume de main. On est nuls mais ça a le mérite de les faire rire.

Participation a la vie du village avec les femmes girafes - Loikaw (Myanmar)

Enfin, les échanges se mettent en place. Les regards deviennent chaleureux et souriants, le dialogue s’entame et je suis aux anges. J’apprends, à coups de gestes approximatifs, que l’une des femmes à 5 enfants. Elles nous demandent nos âges, s’inquiètent de savoir si l’on est amoureux ou juste amis. L’une d’elle arrive à nous faire comprendre qu’elle aimerait que l’on se fasse un bisou. On joue le jeu en faisant la grimace et c’est une explosion de rires générale qui fini de détendre l’atmosphère. 2 d’entre elles sont particulièrement amicales et nous continuons nos scènes de mimes pour discuter pendant un bon moment. Et quand le mime ne suffit plus, j’appelle notre guide à la rescousse pour qu’il traduise. Femmes girafes

Je suis heureuse de constater que nous ne sommes pas dans un village-zoo comme on en voit en Thaïlande où les femmes sont exposées comme des bêtes que les touristes viennent prendre en photo. Ici, il n’y a que nous. Et les villageois qui font leur vie. Les liens se créent petit à petit, les échanges sont vrais et ma joie intense. Julien aussi y prend énormément de plaisir. Femmes girafes

Moment de partage avec les femmes girafes - Loikaw (Myanmar)

Panpet, une autre image des femmes au long cou

Quand l’heure vient d’avancer vers Panpet, je n’en ai plus envie. Initialement, c’est là que je voulais me rendre, mais j’ai trouvé à Tawkey ce que je cherchais. Les quelques minutes de marche entre les 2 villages nous emmènent dans un tout autre monde. Ici aussi il y a des femmes-girafes, mais l’atmosphère est tout autre. Les maisonnettes sont transformées en petit magasins de souvenirs, et les femmes baragouinent un anglais incertain pour pouvoir au moins négocier leurs articles. Bon n’exagérons rien, on est encore loin du tourisme de masse et ce n’est pas encore Disneyland ici, mais tout de même, on ressent le tourisme et ses effets. Les femmes sont indifférentes, font leur mini business et ne prêtent pas attention aux touristes que nous sommes, qu’elles ont par ailleurs vu des centaines de fois. Femmes girafes

Car la plupart des femmes ici ont travaillé pendant longtemps dans des villages près de Chiang Mai en Thaïlande. Des attractions touristiques où l’on fait miroiter l’authentique. Elles sont revenues à Panpet, leur village d’origine, depuis que le gouvernement a changé et que les promesses de pouvoir vivre de leur business se font ressentir. Je leur souhaite de tout coeur de pouvoir rester dans leur village et d’arriver à vivre aujourd’hui sans avoir besoin de retourner dans ces zoos humains attristants. Femmes girafes

Des étoiles plein les yeux

L’heure vient finalement où il faut partir. J’emporte avec moi la douce image de Katelku, qui semble être le dernier fief de la communauté des Padaung. Cette expérience fait partie des plus belles, des plus exaltantes que j’aie pu connaitre. C’est un honneur d’avoir pu échanger un peu avec ces personnes, dont l’histoire et la culture m’a toujours fascinée. Femmes girafes

La journée se termine tranquillement par un peu de sport, l’achat de quelques fruits et bien sûr le sourire aux lèvres.  La dolce vita….

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